• Pietro #TeamBewe

Photographe | Mon client n’aime pas ses photos



Depuis que tu es officiellement photographe professionnel, peut-être as-tu vécu la désagréable expérience de clients non satisfaits des images réalisés ensemble. Pour ma part, cela m’est arrivé quelques fois et, même si le constat est amère, je dois reconnaître que bien souvent c’est de ma faute. Que le problème aurait pu être facilement évité. Comment ? Je te propose de lire la suite pour le découvrir.


Voici les histoires. ( Tin Tin* ) Pas Tintin mais le jingle de la série New York Unité Spléciale.



J’ai commencé la photographie avec des portraits en studio, puis lorsque j’ai eu le courage de demander à un ami photographe de mariage de le suivre en reportage, je me suis entirèement consacré à cette discipline, qui exige à peu près toutes les techniques photo et demande une vraie maitrise en improvisation. Studio, mariage, Newborn, packshot et les autres, elles ont toutes une chose en commun. Quelle que soit le domaine d’activité, le client nous contact en premier lieu sur base de notre portfolio. Il est notre outil de travail principal !


Pas de portfolio, pas d’image à montrer, pas de clients à photographier. CQFD.


Quelle que soit la clientèle, votre portfolio est votre meilleur ami. Il montre clairement ce que vous réalisé et il défini visuellement votre style. La logique veut qu’il évolue avec le temps, que vos plus belles réalisations y soient référencées ; celles dont vous êtes le plus fier et qui définissent votre identité professionnelle.


Bravo, super, vous avez compris la base du marketing ! Il ne reste plus qu’a trouver les futurs clients.

Vous commencer votre prospection, avec un peu de chance vous recevez vos premières demandes et la suite vous appartient.


Problème. Beaucoup de personnes - euphémisme pour désigner l’ensemble de celles qui ne parlent pas photographie - ne comprennent pas grand chose au monde de l’image.


Position délicate en perspective. Comment vendre une prestation totalement subjective, à des personnes qui souhaitent uniquement de « belles » images ? Dailleurs, selon vous, qu’est ce qu’une « belle » image ?


En réalité, même si c’est difficile à admettre, à ce stade il ne s’agit que d’une banale transaction commerciale. Je suis le client. Je veux payer le moins possible. Je veux entière satisfaction.

Nous agisons tous de la sorte. Vous, eux, moi.


Dès lors, la bonne question devrait être : Comment définir la notion de « meilleur » ?


Ici aussi, probablement que chacun aura son avis. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est que même 20 euros est bien trop chère payé pour un mauvais résultat.





Ce n’est pas moi.

Tout au début de mon activité, je cherchais à me construire un réseau et une clientèle en ne partant de rien. Non, je n’ai pas eu la chance de pouvoir bingwasher Netflix en attendant que mes premiers clients arrivent. D’ailleurs, Netflix n’était pas encore disponible en Europe à ce moment… Ouille, coup d’vieux au moral.

Bref, me voilà à prospecter sur toutes les niches marketing que je pouvais trouver. L’une d’elles fut les salons bien-être et médecine parallèle. Partant du postulat que les portraits pouvaient offrir un véritable bénéfice pour la confiance en soi, je décide de proposer des séances photo « Portrait thérapie ».

Et me voilà inscrit comme exposant au salon Bien-Être au naturel, entre une chamane et un maître Reikki.


Alors oui, cela peut sembler légèrement bizarre, d’ailleurs ce fut le cas les premières minutes… Mais petite exclu’ pour tous les photographes portraitistes : sur l’ensemble des salons auxquels j’ai participé, je n’ai eu aucune concurrence directe. Rien, nada, nul, zéro.

Autrement dit, j’avais à ma disposition entre 500 et 2000 personnes réunies en un week-end, juste pour moi ! Qui dit mieux ?


Les portes vont ouvrir, les chamanes dansent et frappent leurs tambours pour créer une énergie positive et j’en profite pour visiter les autres exposants. Apparemment, ils proposent tous un concours ou l’autre durant le salon. L’idée est de récolter les coordonnées d’un maximum de personne… Pas bête. De mon côté, j’ai un portefolio, des agrandissements photo et mon plus beau sourire pour convaincre des visiteurs qui n’ont aucune idée de ce que je fais là de réserver une séance photo avec moi.

Alors, en moins de 30 minutes, mon premier concours était en place.


Inscrivez-vous maintenant pour tenter de gagner l’une des 3 séances photo « Portrait Thérapie » offertes.


Après la fermeture du salon, je réalise le tirage au sort et je préviens les gagnants. L’une d’entre elles est ravie et heureuse de pouvoir vivre l’expérience alors qu’elle fête son quarantième anniversaire. Le cadeau parfait me dit-elle.


Rendez-vous programmé, préparation organiser, séance photo réalisée.


Tout s’est parfaitement déroulé. Je suis satisfait des images, elles correspondent à mon style et après une post-prod de la sélection, elles sont remises à la cliente.


Un jour se passe, deux puis trois et toujours aucune nouvelle de sa part.

Je la contacte par téléphone et immédiatement, au son de sa voix, je comprends qu’il y a un problème. Elle m’explique que ni son mari ni ses enfants ne la reconnaissent sur les photos. Et selon elle, ils ont raison. L’horreur.

Évidemment, c’est le genre de retour que personne ne souhaite recevoir. Fuir la situation, même si plus facile n’était pas la bonne idée. Alors je lui propose un rendez-vous pour discuter du problème et essayer de trouver une solution. (Je n’allais quand même pas lui rembourser une séance offerte) !


Quelques jours plus tard, nous voilà assis sur une terrasse au bord du lac avec un café brulé pour essayer de comprendre la situation. Pourquoi n’aime-t-elle pas ses photos ? Pendant la discussion, j’essaie de me remémorer chaque moment, de la rencontre au jour du shooting en passant par le premier rendez-vous de préparation. Et enfin, eurêka !

Depuis le début, elle m’avait prévenu, mais je n’avais pas entendu. Les salons bien-être, la méditation et tous les livres de développement personnel qu’elle m’avait conseillé de lire… En fait, cela faisait des années qu’elle se limitait à un rôle d’épouse, à un rôle de maman en s’oubliant presque complètement. Tout en gardant un sourire d’apparat permanent ! Vu sous cet angle, je veux bien croire que des photographies où ses émissions les plus profondes sont mises en avant ne correspondent pas à la « réalité » que connait sa famille.

Mon intuition était la bonne. Nous avons passé un long moment ensemble ou je l’ai écouté me parler de sa vie, de sa dépression qu’elle essaie de cacher, de son passé d’enfant adopté.

Pour finir, elle me confiera qu’en réalité, elle adore les photos. Mais qu’elle se refuse à réaliser que c’est bien elle qui a été photographiée.

Tout ceci aurait pu être évité si, dès le premier rendez-vous, je l’avais mieux préparé. Psychologiquement.


Une de mes vieilles œuvres. Par souci de confidentialité, je ne partage pas de photos de cette véritable séance de mannequin malheureuse.




On est moche dessus.

Je vais vous parler d’un reportage de mariage un peu particulier. Pour être tout à fait honnête, encore une fois, je n’ai pas écouté mon intuition. Ou plutôt, c’est pire que cela. Je l’ai entendu, mais j’ai fait le choix incroyablement stupide de ne pas y prêter attention.


Il paraît que les opposés s’attirent. Pour ce jeune couple, le dicton est une raison de vivre. Tout les sépare, et il en va de même dans la préparation de leur mariage. Le thème, les couleurs, les fleurs, la musique, le traiteur, la cérémonie… Et bien entendu, le style de photographie ! Beaucoup d’invités sont attendus, alors l’idée d’engager deux photographes était probablement la seule évidence qu’ils avaient en commun. Deux photographes, avec un style bien défini et différent pour chacun !

J’ai fait deux propositions et pour l’autre photographe comme pour moi, les reportages les plus chers ont été retenus. Comme d’habitude, plusieurs réunions ont eu lieu en amont pour s’organiser et préparer le grand jour.


Deuxième signal d’alarme.

À chaque rendez-vous, le programme de la journée changeait complètement. Elle voulait ceci, Lui cela. Belle-maman numéro 1 veut gérer toute l’organisation le jour J, belle-maman numéro 2 ne veut pas être mise de côté. Beau-papa numéro 1 veut faire inviter ses associés, beau-papa numéro 2 ne veut pas payer pour les associés…


Et là, vous vous demandez pourquoi, mais pourquoi n’avoir pas tout envoyé bouler ? Rassurez-vous, après coup, moi aussi je me le demande.


Le jour du mariage est enfin arrivé. Il pleut, les jeunes mariés sont frustrés, les belles familles énervées et même si le temps s’adoucira à la fin de la cérémonie, l’organisation non maitrisée, un jeune traiteur qui fait ce métier sur le côté et des amis-serveurs qui boivent plus qu’ils ne servent finiront pas achever tout espoir de joie & de bonne humeur. Pour faire court, comme l’énonce la loi de Murphy, tout ce qui peut aller mal ira mal. Et ce fut le cas.


Malgré tout, nous photographes, faisons le job en donnant le meilleur de nous même. On décide rapidement d’unir nos forces et de s’entraider pour affronter une organisation catastrophique. Cela finira par payer. Du moins, si l’on omet l’abus d’alcool de la mariée qui a du mal rester debout, du marié impassible, à la limite du mutisme ou de la mauvaise humeur des beaux-parents qui sont incapables d’arrêter de se critiquer mutuellement.


Cela étant dit, les nombreux invités se sont très bien amusés. C’est déjà ça, non ?


Au moment de la remise des photos, le constat est sans appel, les jeunes mariés n’aiment pas les images. Ou plutôt, ils ne s’aiment pas sur les images !


Quelle aurait été la solution pour éviter ce drame ?


Si nous sommes honnêtes, ces deux exemples et tous les autres possibles peuvent bien souvent être évités lorsque l’on écoute notre intuition, notre petite voix intérieure qui nous hurle de courir sans se retourner… Mais refuser un contrat est souvent un luxe qu’il est difficile d’accepter.


Quelle leçon en retirer ?

Écoutez, expliquez, préparez et clarifiez toutes les choses qui peuvent potentiellement être un obstacle au moment du travail à réaliser. C’est la clé.


— Vous voulez votre séance de couple lorsque le soleil est au zénith ? Si vous souhaitez des photos comme présentées dans mon portfolio, c’est impossible à ce moment, car… Je vous propose plutôt de… Sinon, libre à vous de choisir, mais dans ce cas, je ne m’engage pas sur le résultat de ces images.

— Vous avez 200 convives au moment du cocktail ? Sachez que seul, je ne pourrais garantir une photo de tout le monde. Si c’est important pour vous, je vous propose de venir avec un second photographe…


Pour conclure.

Soyez authentique, soyez bienveillant. Et si un problème arrive en reportage, trouvez rapidement le bon moment pour prévenir vos clients.


Avec l’expérience, on apprend à accorder plus d’attention à son intuition et l’on comprend que parfois, refuser un « mauvais » job rapporte plus que son contraire.


Et vous, quel genre de problème avez-vous déjà rencontré avec vos clients ? Partagez votre expérience en commentaires et sur le groupe Facebook de la communauté BeWe.


ASBL de Promotion Artistique & Évènementielle belge

DÉCOUVRIR BEWE

INFORMATION

AIDER L'ASBL

SUIVRE

  • Blanc Facebook Icône
  • Blanc Icône Instagram
  • Blanc Pinterest Icône

BELGIQUE • BRUXELLES  • BRABANT WALLON • LIÉGE • NAMUR • HAINAUT • LUXEMBOURG

  • Instagram
  • Facebook
  • LinkedIn - Black Circle
  • Pinterest